Les entreprises continuent de consacrer une part massive de leurs budgets informatiques aux technologies mobiles qu’elle considèrent comme sources de nouveaux revenus et d’amélioration de la relation client. Dans leur majorité, les DSI sont convaincus que la mobilité générera de nouvelles sources de revenus pour leur activité, et la plupart investiront cette année 31 % à 40 % de leurs budgets dans cette optique – alors qu’ils n’étaient que 19 % à partager cette opinion l’an dernier. Telles sont les principales conclusion de l’étude menée par Accenture.

Dans la nouvelle étude mondiale menée par Accenture (Accenture 2013 CIO Mobility Survey), la grande majorité des professionnels informatiques interrogés (79 %) citent la mobilité comme une stratégie créatrice de revenus, améliorant sensiblement les interactions avec les clients (84 %) et ayant des incidences notables sur leur activité (83 %). Plus du tiers (34 %) des DSI font d’ailleurs de la mobilité une priorité absolue pour l’année à venir, et 42 % l’inscrivent parmi leurs cinq priorités. Des données ponctuelles recueillies au fil des entretiens laissent également supposer que nombre de DSI appréhendent d’emblée les nouveaux projets informatiques sous l’angle de la mobilité.

Concernant leurs priorités en termes de mobilité, les participants à l’étude Accenture placent en tête de leurs impératifs l’amélioration de la relation et du service client via l’accès, la collecte et le traitement immédiats des données (43 %). Vient ensuite le développement des échanges avec les clients par le biais de terminaux mobiles (36 %), en particulier dans le domaine transactionnel (34 %). Ils sont 29 % à envisager la conception, la mise au point et/ou la distribution d’équipements connectés à l’appui d’applications B2B.

Accenture a mené cette étude mondiale * auprès de DSI et d’autres responsables des technologies de l’information afin de savoir si les entreprises ont pris la mesure de l’importance de la mobilité et pour identifier les éventuels obstacles rencontrés.

Dans l’année à venir, près de la moitié (46 %) des DSI envisagent de revoir leurs processus afin de mieux intégrer la mobilité dans l’entreprise. Par ailleurs, ils sont 73 % à estimer que la mobilité aura sur leur activité des retombées comparables voire supérieures à celles de la révolution Internet de la fin des années 1990 ? ils étaient 67 % à partager cet avis dans une étude analogue réalisée l’an dernier par Accenture.

« Il est encourageant de constater que les entreprises considèrent la mobilité comme une priorité, commente Marc Carrel-Billiard, responsable des technologies émergentes et de l’innovation technologique pour Accenture en Europe. Elles doivent notamment prêter attention aux secteurs porteurs, comme les équipements connectés, et procéder à une analyse des besoins pour rattraper leur retard ou, mieux, prendre une longueur d’avance. Autres facteurs décisifs à prendre en considération : les investissements, le budget alloué, la formation du personnel, le recrutement de spécialistes de la mobilité et le recours à des experts externes pour aider à l’élaboration ou à la mise en œuvre de stratégies axées sur la mobilité. »

Disparités dans l’état d’avancement des stratégies mobiles

Plus de la moitié des entreprises interrogées (58 %) disposent d’une stratégie mobile mais qui reste moyennement développée. Seul un quart environ des sondés (23 %) affichent un niveau de développement extrêmement poussé ? contre 31 % l’an dernier. Ce qui tend à démontrer que l’essor des technologies mobiles s’accélère à un point tel que les entreprises sont contraintes de passer à l’action avant même de disposer d’une stratégie parfaitement définie.

La Chine (50 %), l’Italie (47 %) et le Brésil (37 %) se démarquent par leurs stratégies mobiles extrêmement développées. Malgré des disparités dans l’état d’avancement de leurs stratégies respectives, la moitié (50 %) des entreprises interrogées entendent recenser les initiatives de mobilité prioritaires dans l’année qui vient, proportion en hausse par rapport à l’an dernier (41 %). La quasi-totalité d’entre elles conviennent de la nécessité de prendre en compte les smartphones (85 %) et les tablettes (78 %), avalisant ainsi l’utilisation croissante par les salariés de leurs tablettes personnelles à des fins professionnelles et le déploiement par les entreprises de tablettes comme outils de travail.

L’étude révèle en outre que la gestion des terminaux mobiles (27 %), la collaboration (25 %) et le partage des connaissances (23 %) sont les trois caractéristiques incontournables d’une stratégie mobile. Interrogés sur leurs priorités, les professionnels informatiques en Chine (53 %), en Italie (53 %) et en Inde (50 %) citent la mobilité comme l’une de leurs deux priorités absolues. Au Royaume-Uni (67 %), au Japon (57 %) et en France (52 %), ils la classent parmi leurs cinq priorités.

La majorité des répondants en Inde (77 %) et près de la moitié (47 %) au Japon, au Mexique et au Royaume-Uni prévoient d’axer leurs initiatives de mobilité sur l’amélioration de la relation client via l’accès, la collecte et le traitement immédiats des données. Dans le secteur des biens de consommation, 63 % des professionnels interrogés en Inde et au Royaume-Uni, contre 36 % aux États-Unis, érigent en priorité l’augmentation du chiffre d’affaires grâce aux transactions par le biais de terminaux mobiles.

Ressources en personnel, sécurité, interopérabilité et BYOD : des enjeux perpétuels

Cinquante-deux pour cent des entreprises se disent prêtes à former le personnel en place pour déployer leurs stratégies mobiles et 37 % sont disposées à embaucher à temps plein des spécialistes de la mobilité, attestant d’une forte demande du marché dans ce domaine. Davantage de projets sont d’ailleurs pourvus en personnel interne (76 % en 2013, contre 63 % en 2012) pour accompagner le développement des applications mobiles. Contre toute attente, si l’année 2012 restera sans doute gravée dans les mémoires comme celle de la consécration du langage HTML5 sur Internet – appellation utilisée pour désigner les derniers protocoles en date définissant le contenu, la mise en page et la navigation des pages Web – près de la moitié (49 %) des stratégies de mobilité adoptées par les entreprises sondées s’appuient à la fois sur des applications natives et Web.

La sécurité reste une préoccupation essentielle tandis que l’interopérabilité devient problématique, ce qui prouve que les systèmes existants ne sont pas tous conçus pour la mobilité et qu’ils doivent être transformés pour que le mouvement suive son cours. La sécurité (45 %), les préoccupations budgétaires (41 %) et le manque d’interopérabilité avec les systèmes en place (31 %) demeurent les principales entraves aux ambitions mobiles des entreprises.

Le modèle BYOD (« Bring Your Own Device ») joue, lui aussi, un rôle dans l’adoption des technologies mobiles. Cependant, plus de la moitié des entreprises sondées (59 %) ne dispensent qu’un support limité à leurs salariés alors qu’un quart environ (28 %) leur assurent un support complet.

« Les DSI doivent trouver les moyens de gérer l’incursion croissante d’équipements mobiles dans l’environnement professionnel, poursuit Marc Carrel-Billiard. Ils doivent également se recentrer sur le capital humain et le savoir-faire. Les entreprises sont aujourd’hui pratiquement deux fois plus nombreuses – 40 % en 2013, contre 27 % en 2012 – à envisager de recourir à des experts externes pour élaborer et peaufiner leur stratégie, ce qui prouve que les professionnels qualifiés et disponibles demeurent insuffisants face au taux d’utilisation croissant des équipements mobiles. »

Automobile, assurance et santé : des objectifs de mobilité à portée de main

La totalité (100 %) des professionnels IT évoluant dans les secteurs de l’automobile, de l’assurance et de la santé prévoient d’atteindre, dans l’année qui vient, leurs objectifs prioritaires en matière de mobilité. Pour l’industrie automobile, il s’agit des impératifs fixés en matière de paiement et de commerce (54 %) ; les acteurs du secteur de l’assurance privilégient pour leur part les services géolocalisés (48 %), tout comme les professionnels de la santé (46 %). Parmi les opérateurs télécoms citant le M2M (Machine-to-Machine, intermachine) comme une priorité, 67 % prévoient de déployer une infrastructure de communication M2M sous un an.

Accenture a aussi examiné le marché par secteur d’activité. Les secteurs de l’électronique (52 %) et des technologies (47 %) placent la mobilité dans leurs deux priorités de l’année. Plus de la moitié (57 %) des professionnels de l’industrie aérospatiale citent la mobilité parmi leurs cinq priorités. Enfin, dans le secteur des biens de consommation, les répondant jugent prioritaire de favoriser les interactions client par le biais des terminaux mobiles afin de doper leur chiffre d’affaires (45 %), en particulier dans la grande distribution (59 %).

* Méthodologie
De décembre 2012 à janvier 2013, Accenture a mené une étude en ligne auprès de 413 professionnels des technologies de l’information (directeurs des systèmes d’information, directeurs techniques, directeurs technologiques et responsables de la mobilité) présents dans 14 secteurs d’activité dans 14 pays différents : Allemagne, Australie, Brésil, Chine, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Inde, Italie, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni. Cinquante-trois pour cent d’entre eux travaillaient pour des sociétés réalisant un chiffre d’affaires annuel compris entre 1 et 5 milliards de dollars, 42 % pour des sociétés dont le chiffre d’affaires se situe entre 500 millions de dollars et 1 milliard de dollars, et 6 % pour des sociétés affichant un chiffre d’affaires de 250 à 500 millions de dollars.

Source : http://www.itchannel.info